Contemporain

Légende d’un dormeur éveillé de Gaëlle Nohant

coup de coeur

CVT_Legende-dun-Dormeur-Eveille_2090Titre: Légende d’un dormeur éveillé

Auteur: Gaëlle Nohant

Éditions: Héloïse d’Ormesson

Date de parution: août 2017

J’ai découvert Gaëlle Nohant avec son roman La Part des flammes au début de l’année. Séduite par l’histoire comme par l’écriture, j’avais dévoré ce roman comme je ne l’avais pas fait depuis bien longtemps. J’avais donc particulièrement hâte de découvrir son nouveau roman dès cet été. Pourtant, j’étais un peu inquiète devant les 544 pages annoncées.

Desnos vient de rentrer de son voyage à Cuba et ramène avec lui Alejo Carpentier. Ils parcourent ensemble les rues de Paris qui à cette époque bruissent d’une vie artistique florissante. Le lecteur s’attache alors aux pas de Desnos, rencontre avec lui Youki, et voit progressivement les nuages de l’histoire s’amonceler sur Paris.

Il est difficile de parler d’un roman qui m’a bouleversée et enthousiasmée à ce point. J’aurais envie de me contenter d’une onomatopée d’admiration et il n’y aurait rien de plus à dire. Je pourrais aussi trépigner en vous intimant l’ordre de la lire d’urgence, mais je ne suis pas sûre de vous convaincre vraiment de cette manière. Je vais donc m’efforcer de mettre des mots sur ce qui m’a tant plu.

Gaëlle Nohant peint une fresque animée de l’intense vie parisienne des années folles à la Seconde Guerre mondiale. Le lecteur dépose ses pas dans ceux du turbulent Desnos. Tendre, courageux et profondément humain, Desnos mène une vie poétique et engagée, toujours en accord avec lui-même, jusqu’au dernier moment. Et s’est bien pour cela que le lecteur s’attache autant à ce personnage.

Si ce roman n’est pas une biographie, il en a pourtant l’érudition. Rien n’échappe au récit mais Gaëlle Nohant ne tombe jamais dans le sensationnalisme. Le récit reste pudique, mesuré et le plus souvent délicat. L’auteure émaille aussi son texte de fragments poétiques, toujours en écho avec l’action, illustrant ici le lien intime entre la vie et la poésie, tel que l’a voulu Desnos.

Je voudrais terminer sur l’écriture de Gaëlle Nohant. J’ai été très surprise de ne pas retrouver celle du roman précédent qui me semblait très proche des auteurs réalistes. Ici, par mimétisme et pour mieux épouser la destinée de Desnos, non seulement la langue se fait poétique mais elle évoque très souvent l’écriture des poètes comme Desnos, Eluard ou Prévert. Ces poètes utilisent des mots simples, presque quotidiens pour en faire des mélodies accessibles à tous.

Ma chronique ne rend pas compte de la force de ce roman qui m’a fait verser des larmes abondantes alors même que je pleure très rarement lors de mes lectures; un roman superbe et dense, dans lequel on se plonge progressivement mais pour ne plus le lâcher.

5livrecoeur

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