Tu mythonnes

Tu mythonnes! 1: L’Enlèvement de Perséphone

Voici venir une nouvelle catégorie d’articles. L’objectif pour moi consiste à vous présenter des articles au plus près de mes spécialités et de mes passions. Pour cela, je vais mêler mythologie et art. Chaque fois, je vous raconterai une petite histoire mythologique (en podcast) et je vous présenterai une œuvre d’art. Attention, je ne suis pas une historienne de l’art! Je ne prétends donc pas tout savoir et mes propos ne viseront pas l’érudition. Mais ce que je veux avant tout, c’est partager avec vous ma fascination, mon admiration ou ma tendresse pour certaines œuvres. C’est donc parti pour:

L’Enlèvement de Perséphone.

RapeOfProserpinaLe Bernin, L’Enlèvement de Perséphone (ou Le Rapt de Proserpine), 1621, Galerie Borghèse, Rome.

Gian Lorenzo Bernini, dit Le Bernin est un artiste italien du XVIIe siècle. Il est considéré comme le chef de file du mouvement Baroque. Il est si respecté qu’il a même reçu des commandes de Louis XIV pour Versailles.

Le Baroque est un mouvement artistique qui prend naissance en Italie au XVIe siècle et se développe en Europe au cours du XVIIe siècle. Il se caractérise par son mouvement, son goût pour le grandiose, le spectacle et la dramatisation, le sinueux et la courbe.

Cette sculpture met en scène le rapt de Perséphone. Hadès, barbu et couronné, saisit fermement dans ses bras une jeune femme qui se rejette en arrière et le repousse de sa main gauche. A leurs pieds, Cerbère, le chien à trois têtes ouvre ses gueules. Au sol, on peut distinguer une fourche, symbole d’Hadès. Un drapé cache l’intimité de chaque personnage.

Les deux corps s’opposent. Celui d’Hadès, bien campé sur ses deux jambes et les muscles saillants, se caractérise par sa rudesse, sa force et sa fermeté. Le corps de Perséphone se dessine plus en rondeur et la délicatesse. On voit même les doigts d’Hadès s’enfoncer dans la chair de la déesse. Il est clair que Perséphone n’est pas en mesure de lutter contre la violence qui lui est faite. La bouche ouverte semble laisser échapper un cri et une larme coule le long de sa joue. Les corps dessinent deux arcs de cercle qui soulignent la lutte des deux personnages.

Ce qui m’impressionne le plus dans cette œuvre, c’est qu’elle arrive à rendre vivant et souple le marbre. Quand je me suis retrouvée face à cette sculpture, pour de vrai, j’ai été marquée par la souplesse de la peau de Perséphone et la pitié qu’inspire son visage. La violence du rapt et sa cruauté sont parfaitement rendues.

Il y a peu j’ai lu une bande-dessinée qui réécrit le mythe de l’enlèvement de Perséphone: Perséphone de Loïc Locatelli-Kournwsky. Je vous invite à vous reporter à l’article en question.

Sources:

  • Ovide, Les Métamorphoses, V
  • Pierre Grimal, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine
  • Lucia Impelluso, Dieux et héros de l’Antiquité
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2 réflexions au sujet de “Tu mythonnes! 1: L’Enlèvement de Perséphone”

  1. J’aime beaucoup le baroque. C’est beau la sculpture !
    Je n’ai pas en tête beaucoup de sculpture dans les alentours ?
    Il y a le très beau musée David d’Angers dans la ville éponyme avec ses lumineuses verrières dans l’ancienne abbaye Toussaint.
    Au musée des beaux arts de Tours, à Chenonceau, j’ai surtout souvenir de peintures.
    Ah si, il y a les magnifiques gisants des enfants d’Anne de Bretagne à la Cathédrale de Tours.

    Aimé par 1 personne

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