Une année chez les Français de Fouad Laroui

Une-annee-chez-les-FrancaisTitre: Une année chez les Français.

Auteur: Fouad Laroui

Éditions: Julliard

Date de parution: 2010

Voici le deuxième roman de Fouad Laroui que je dévore. Le collègue qui m’a prêté ce livre m’avait promis de l’humour et je fus servie. D’ailleurs je pense ne pas m’arrêter là dans la découverte de cet auteur!

Medhi entre en 6e au lycée Lyautey, le lycée français de Casablanca. Boursier, il débarque d’un petit village marocain, Béni-Mellal et découvre l’univers étrange de cet établissement. De plus, le jeune Medhi est un peu particulier. Élevé dans une famille francophile, il ne parle que très peu l’arabe et ne maîtrise pas encore les subtilités de la langue française. Bref, avec son regard d’enfant perdu, Medhi nous entraîne avec lui dans une année chez les français.

Quand la quatrième de couverture rapproche ce roman du Petit Nicolas, j’approuve à cent pour cent! Le petit Medhi, derrière ses lunettes, regarde le monde avec une naïveté réjouissante. En effet, chaque chapitre, depuis la rentrée jusqu’à la remise des prix, se présente comme une petite anecdote autonome. On retrouve aussi dans ce roman tout le personnel scolaire. Medhi rencontre d’abord M. Lombard, le surveillant général, et plus tard son monstrueux chien Médor; puis les pions aussi caricaturaux que succulents: l’éloquent Morel, l’engagé Régnier, Madini ou encore Dumont. Tous ces surveillants au langage fleuri bousculent les enfants avec violence mais leur apprennent aussi la vie, d’une certaine façon. Mais ce qui intrigue le plus Medhi, c’est la famille Berger. Non seulement ces Français mangent des choses étranges mais leur comportement l’est aussi. Derrière la légèreté des petites histoires de Medhi, se cachent pourtant quelques drames: celui de Mme Berger et celle de la solitude de Medhi.

Medhi porte un regard décalé sur le monde. Il ne maîtrise aucun langage de communication, ni l’arabe, ni le français oral. Par contre, il maîtrise à la perfection la musique du français littéraire et développe des talents insoupçonnés pour le théâtre. Perdu dans les livres, il ne comprend ni les mœurs françaises ni les mœurs arabes. Il peuple aussi son univers du fantasmagories romanesques drôles et surprenantes. Sorte d’ovni, il s’attire néanmoins la sympathie de tout le monde et surtout du lecteur.

Le roman m’apparaît enfin comme un éloge de la lecture: lecture-refuge quand le monde tremble; lecture-voyage dans la berline du général Dourakine; lecture-partage quand les bds permettent de créer du lien; lecture-reconnaissance; lecture-intégration; … La Comtesse de Ségur, comme une bonne marraine, prête souvent ses mots au petit Medhi, montrant à quel point la littérature aide à appréhender le monde.

Le petit Medhi, personnage de fiction, est inspiré  de l’auteur Fouad Laroui qui a lui-même fait ses étude au lycée Lyautey de Casablanca. On retrouve d’ailleurs chez le personnage son humour, sa passion pour la littérature et sa grande intelligence.

5livrecoeur

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