Faire mouche de Vincent Almendros

faire moucheTitre: Faire mouche

Auteur: Vincent Almendros

Éditions: Éditions de Minuit

Date de parution: janvier 2018

Il faut toujours faire confiance à une libraire. Toujours. Même quand elle ne réussit pas à vous faire un bref résumé du livre. Surtout quand elle n’y arrive pas mais qu’elle vous le tend pleine de confiance.

Laurent Malèvre, le narrateur, est de retour dans le hameau de son enfance pour le mariage de sa cousine. On pourrait presque s’arrêter là, comme l’a d’ailleurs fait la libraire. Pour donner quelques pistes supplémentaires, on pourrait ajouter qu’il est accompagné de Constance, ou plutôt de Claire mais qu’il présente sous le nom de Constance. Et puis les liens de Laurent avec sa famille sont pour le moins distendus et tendus tout à la fois.

Comme l’annonce le titre, le court roman de Vincent Almendros fait mouche et réussit à nous gifler à la dernière page. Et même si j’avais vu un peu la fin venir, les derniers paragraphes m’ont quand même bien secouée.

Le roman et le narrateur installent doucement une ambiance lourde et terreuse. Laurent se présente comme un homme sans histoire. Pourtant dès les premières pages, le mensonge initial sur Claire-Constance pique le lecteur. Alors les mensonges, les silences et les implicites l’engluent progressivement dans une histoire dont il ne peut ressortir indemne. A la fois récit sur les secrets de famille et sur ce qui se cache en chacun, ce roman se rapproche parfois du thriller. Mais ce serait sans doute trop le réduire de s’arrêter là.

A l’origine du roman, il y a sans doute un style: une écriture sobre, efficace et ténue qui réussit à saisir la vérité d’un geste et à planter des décors saisissants. On sent la terre, l’odeur de la pluie, de la poussière et de la forêt. Je crois que comme chez Zola, ce qui compte dans le roman, c’est le milieu dans lequel il s’inscrit. Le choix du hameau isolé n’est pas anodin. Réduit à l’essentiel, le lieu semble se renfermer sur les personnages, les resserrer comme dans un huis-clos.

Chaque détail est pensé et fait sens, comme ces mouches qui se propagent dans les pages du roman. D’abord mortes et en tas, elles s’éveillent progressivement et vrombissent autour du narrateur. Cela m’a rappelé que dans la pièce Les Mouches de Jean-Paul Sartre, elles sont la métaphore et l’allégorie du remords et de la culpabilité.

Un roman à découvrir et un auteur à surveiller.

5livrecoeur

Une réflexion sur “Faire mouche de Vincent Almendros

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s