Classique, Contemporain, Scolaire

Mes lectures du bac 2018

livres bac 2018

Ça y est, le bac est terminé pour tout le monde, candidat comme examinateur. On ne le sait pas forcément mais la période du bac est aussi intense du côté des enseignants. Chaque année, je découvre les livres lus et étudiés par les élèves dont je serai l’examinatrice. Bien évidemment, comme je n’ai pas lu tous les livres de l’univers, j’ai donc un mois de juin intense en lecture pour pouvoir mener les entretiens en tout professionnalisme. Mais je ne m’en plains pas!

Au programme de cette année: L’Adversaire d’Emmanuel Carrère, L’Amant de la Chine du Nord de Marguerite Duras, L’Origine de la violence de Fabrice Humbert et Les Justes d’Albert Camus.

 

 

Dans l’Adversaire, Emmanuel Carrère tente de comprendre le parcours de Jean-Claude Romand. Cet homme a défrayé la chronique en 1993 pour avoir tué sa femme, ses deux enfants et ses parents avant de tenter de se donner la mort. L’enquête a révélé qu’il avait menti toute sa vie à ses proches. L’auteur cherche à expliquer objectivement ce geste et à percer les mensonges de Jean-Claude Romand. Si parfois on peut sentir un peu de compassion de la part de l’auteur, j’ai apprécié qu’il nuance toujours son propos. Le livre se présente comme celui d’une recherche personnelle qui cherche à mettre des mots sur une étrange fascination.

Dans L’Amant de la Chine du Nord, Marguerite Duras reprend son roman L’Amant. En effet, elle avait été déçue par l’adaptation au cinéma de son premier roman. Elle reprend alors tout et réécrit cette histoire qui la hante. On y retrouve l’écriture durassienne mais l’ambivalence entre l’autobiographie et la fiction est beaucoup moins marqué. Ici le je disparaît au profit de « la petite fille ». Marguerite Duras ajoute en notes des indications filmiques pour une potentielle adaptation. Son écriture des scènes s’en ressent aussi. Elle insiste beaucoup sur les ambiances, les sons, les espaces. C’est une expérience de lecture extrêmement intéressante même si l’oeuvre de Duras me séduit assez peu.

L’Origine de la violence de Fabrice Humbert met en scène un jeune enseignant qui visite Buchenwald avec ses élèves. Il voit dans le camp l’illustration de la part diabolique de l’homme, l’expression de l’essence du mal. Sur une photo, il lui semble qu’un prisonnier ressemble trait pour traits à son père. Perturbé, il mène l’enquête sur ce prisonnier. Il cherche ainsi à trouver l’origine de la violence, celle des nazis mais aussi la sienne.

Les Justes, titre ambigu! Cette pièce de théâtre met en scène un groupe de révolutionnaires socialistes russes qui prépare un attentat contre le grand-duc. Mais Kaliayev, chargé de la mission, ne peut jeter la bombe car dans la calèche se trouvaient deux enfants. La mission est donc repoussée. La deuxième tentative fonctionne et Kaliayev est emprisonné. Dans cette pièce se pose la question de l’usage de la violence pour obtenir la justice mais aussi aussi de ses limites. Une pièce intense sans moralisme.

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2 réflexions au sujet de “Mes lectures du bac 2018”

  1. Je me rappelle les livres que j’ai pu lire pour mon bac de littérature. C’était il y a presque dix ans, mais ils m’avaient marqué. De cette année, je n’ai lu que Les Justes qui m’avaient plutôt marqué. Je ne suis pas du tout attiré par Duras, mais L’origine de la violence me tente bien.

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