La possibilité d’une île de Michel Houllebecq

Titre: La Possibilité d’une île

Auteur: Michel Houellebecq

Éditions: J’ai Lu

Date de parution: 2013

Je n’ai jamais vraiment eu la curiosité de lire du Houellebecq pourtant dans ma thématique sur l’homme artificiel, ce roman d’anticipation m’a semblé pertinent. Je me suis donc plongée sans vraiment savoir à quoi m’attendre avec ce roman. Et pourtant j’aurais dû me préparer…

Daniel est un humoriste à succès mais désabusé, limite dépressif. Dans le manuscrit Daniel1, il retrace sa vie et sa découverte de la secte des Elohimites. Cette secte promet une forme d’immortalité, en particulier grâce au clonage. Ce manuscrit est commenté par Daniel24 puis Daniel25, deux versions ultérieures du narrateur. Ces deux clones analysent, commentent, étudient l’homme à travers ce manuscrit qui annonce leur création ainsi que la dispariyion de l’humanité. La lecture de ce manuscrit pousse certains clones à chercher à nouveau le contact, propre à l’humanité.

Si le roman est vraiment pertinent et soulève des réflexions fondamentales, il m’a vraiment mise mal à l’aise. Jamais je n’avais lu un roman si déprimant, si désabusé, cynique et désespéré. Même Voyage au bout de la nuit ne m’a pas fait ça.

Le narrateur vieillissant cherche à lutter contre sa dégénérescence par tous les moyens, y compris le sexe. Son désir du corps féminin jeune se manifeste de plus en plus violemment, en particulier envers les très jeunes filles. Posséder Esther, c’est en quelques sortes une cure de jouvence. Mais elle tourne vite au fiasco. La place que prend le sexe, sa crudité dans la narration m’a souvent dérangée. Le sexe et l’amour ne se distinguent que peu, Esther se réduit souvent à son corps et à sa sexualité pour le personnage qui n’en apparaît que plus malsain. Nous sommes assez loin du féminisme!

L’intérêt du roman, selon moi, se situe dans la réflexion sur les préoccupations de l’homme: le plaisir, la jeunesse, le désir l’immortalité. Il semble n’y avoir que peu de sens à la vie qui n’est ici qu’une lente dégradation. La vieillesse n’est plus considérée comme vénérable ou sage mais comme inutile. Le corps s’enlaidit, se décompose et devient un poids.

Les éléments d’anticipation m’ont saisie. Le monde humain a disparu à la suite de guerres et de catastrophes simplement évoqués. L’homme est retourné à l’état primitif et tribal. Dans ce monde apocalyptique, les clones vivent seuls, dispersés. C’est cette solitude intense qui m’a glacée, cette absence de sens et de perspective. Je crois que j’avais sous les yeux une de mes angoisses les plus profondes.

Voici donc un roman qui n’est pas là pour vous divertir et vous faire passer un bon moment. Mais il a le mérite de nous mettre sous les yeux une lecture du monde, déplaisante, mais néanmoins parfois lucide.

3livrecoeur

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