Bilan du défi 7 jours 7 livres

Défi lancé par Anstastesia sur Instagram pendant le confinement, il consiste à lire 7 livres en 7 jours, soit à peu près un livre par jour. J’ai beaucoup hésité à me lancer là-dedans car je ne pensais pas réussir non seulement parce que je lis très peu en ce moment mais aussi parce que je me disais que ce rythme soutenu risquait de me mettre la pression. J’ai donc laissé passer le premier défi. Puis en suivant un peu ce qui se faisait, j’ai commencé à me préparer une pile de livres très très courts que je pourrais tenter de lire sur cette période. Comme Antastesia relançait le défi sur une deuxième semaine, je me suis lancée… Si vous avez l’oeil, vous constaterez que je suis allée un peu plus loin avec 8 livres en 8 jours.

Voici ma liste de livres lus pour le défi :

  • Marcel Proust, Sur La Lecture
  • Michel Pastoureau et Dominique Simonnet, Le Petit Livre des couleurs
  • Thomas Vinau, Nos Cheveux blanchiront avec nos yeux
  • Roland Barthes, Le Plaisir du texte
  • Tzvetan Todorov, La Littérature en péril
  • Yves Bonnefoy, Les Planches courbes
  • Angélique Villeneuve, Les Fleurs d’hiver
  • Blaise Cendrars, L’Or

Marcel Proust, Sur La Lecture. Il s’agit à l’origine d’une préface à la traduction de Sésame et les Lys de Ruskin publiée en 1906. Dans cette préface, Marcel Proust discute la thèse de Ruskin sur la lecture. Il reformule cette thèse en reprenant la formule de Descartes : « la lecture de tous les bons livres est comme une conversation avec les plus honnêtes gens des siècles passés qui en ont été les auteurs. » Pour Proust, la lecture ne peut être assimilée complètement à une conversation car la lecture nécessite la solitude qui permet au lecteur de penser, de laisser infuser de lui-même les idées, à être inspiré. La lecture, pour Proust, apparaît comme une forme d’initiation. L’auteur ne donnerait jamais aucune réponse mais se contenterait de faire naître des questions.

Michel Pastoureau et Dominique Simonnet, Le Petit Livre des couleurs. Court essai qui se présente comme une conversation, ce livre parcourt l’ensemble des couleurs pour en donner un aperçu historique.C’est, il me semble, une bonne introduction aux livres de Michel Pastoureau consacré à chaque couleur. Cela m’a donnée envie de me plonger dans Vert et Noir qui attendent sagement dans ma Pile à Lire.

Thomas Vinau, Nos Cheveux blanchiront avec nos yeux. Ce livre s’annonce comme un roman mais pour moi il s’agit d’avantage d’un recueil poétique en deux parties. Dans la première, un narrateur raconte l’errance en Europe d’un homme qui semble fuir, s’éloigner d’une femme enceinte et qui l’attend. Il part pour mieux la retrouver et se retrouver. Il exerce son regard sur le monde et cherche sa place. Dans la deuxième partie, plus lyrique et plus poétique, il s’agit d’avantage d’une contemplation du quotidien. C’est sans conteste ma partie préférée. C’est une véritable pépite.

Roland Barthes, Le Plaisir du texte. Dans cet essai, Roland Barthes rassemble des fragments essayant de circonscrire le plaisir lié à la lecture du texte. Il y distingue le plaisir qui naît d’une pratique confortable de la lecture, de la jouissance, un état de perte et qui met en crise dans son rapport avec le langage. Cette réflexion, difficile d’accès à mon sens, ouvre néanmoins beaucoup de pistes de réflexion, en particulier dans la dimension sociale de la lecture et du plaisir qu’on en tire.

Tzvetan Todorov, La Littérature en péril. Essai polémique où l’auteur examine la mise en danger de la littérature par l’enseignement et les institutions. Pour lui, la littérature aide à vivre car elle élargit l’univers, ouvre « à l’infini cette possibilité d’interaction avec les autres et nous enrichit donc infiniment. » En retraçant l’histoire de l’esthétisme moderne, il porte un regard très critique sur la production littéraire de la fin du XXe et du début du XXIe siècle. Pour lui, il faut encourager la lecture, quelque soit les supports et les genres. Il appelle à un renouvellement de l’enseignement de la littérature pour accéder au sens, à la connaissance de l’humain plutôt que par l’analyse technique du texte. Mais son essai s’arrête là et il n’approfondit pas davantage cette dernière question.

Yves Bonnefoy, Les Planches courbes : Recueil d’un ensemble de poèmes sans forme fixe mais où l’on peut noter la présence dominante des quatrains comme strophe de base. Le thème de l’eau, du fleuve et de la rive reviennent scander le recueil. Ils sont souvent associés à la lumière, à la nature et au chemin. L’enfance traverse aussi les poèmes. J’ai aimé l’effet d’échos et de répétitions.

Angélique Villeneuve, Les Fleurs d’hiver : Dans ce splendide roman, l’histoire se déroule à la fin de la première guerre mondiale. Toussaint retrouve sa femme Jeanne et leur fille Léonie. Mais sur son visage un bandeau dissimule les stigmates qui font de lui une gueule cassée. Il impose alors une sorte de silence sur le fragile équilibre familiale que Jeanne avait conservé en son absence. En 150 pages, l’autrice retrace ce parcours d’une reconstruction : non pas celle de Toussaint, mais celle du couple, de Jeanne en tant qu’épouse. J’ai vraiment aimé ce roman féminin, où les femmes portent le monde, le modèle parfois ou sont détruites par la folie des hommes.

Blaise Cendrars, L’Or. Dernier livre de la liste, c’est celui que j’ai eu le plus de mal à lire. Il s’agit d’un récit qui met en scène Johann August Suter, un Suisse qui immigre aux États-Unis. Son parcours le conduit en Californie où il bâtit un empire presque utopique et paradisiaque (si on considère que l’exploitation des hommes peut faire partie de l’utopie). Mais bientôt cet empire est détruit par la découverte de mines d’or sur son terrain. Suter sombre progressivement. C’est un récit intéressant mais j’ai du mal à m’attacher aux personnages, somme toute plutôt antipathique.

Bilan très positif de ce défi pour plusieurs raisons : d’abord j’ai réussi à le terminer, ce qui n’était pas gagné; deuxièmement, cela m’a permis d’avoir bonne conscience par rapport à ma pile à lire; troisièmement, malgré la contrainte, j’ai trouvé du plaisir à sortir de ma zone de confort, à me confronter à des oeuvres qui ne me donnaient pas forcément très envie; enfin, je crois que quelque chose s’est décoincé et l’envie de lire revient progressivement. Est-ce cela ou mon épisode de podcast sur la panne de lecture qui m’a servi de thérapie ? Aucune idée! Ce qui compte, c’est que l’envie et le plaisir reviennent.

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