Trois bandes-dessinées sur des artistes

Je m’intéresse de plus en plus à l’art et le medium de la bande-dessinée me semble particulièrement adapté pour parler d’artistes. Cela permet une sorte de mise en abyme où un artiste rend hommage à un autre tout en exprimant son propre talent. Le lecteur est doublement servi!

Voici donc trois albums qui vous permettront de (re)découvrir des artistes connus ou plus confidentiels.

Pandolfo et Risbjerg, Enferme-moi si tu peux

Cette bande-dessinée présente six artistes, trois femmes et trois hommes, qu’on intègre généralement dans l’Art Brut. L’Art Brut est un terme par lequel Jean Dubuffet désigne les productions de personnes exemptes de culture artistique. Cet art comprend à la fois l’art des fous et celui des marginaux. Et c’est justement une des caractéristiques qui unie ces six artistes. Les deux auteurs de cette bande-dessinée nous invitent justement à rencontrer des personnalités surprenantes qui échappent à des vies de misères, chaotiques ou internée grâce à l’art. Non seulement les personnages nous racontent leur vie mais ils s’entretiennent ensuite ensemble et avec le narrateur faisant ainsi émerger leurs similitudes et interrogeant les liens entre la liberté, la folie et l’art.

Le dessin, expressif et sobre, offre beaucoup de dignité aux personnages dont les regards persistent à fixer le lecteur jusqu’au bout. On referme l’album avec l’intime conviction que l’art nous dépasse.

Catherine Meurisse, Delacroix

Voici un album qui a pour texte une causerie pleine de verve d’Alexandre Dumas à propos de son ami Delacroix et pour illustrations de vives saynètes, des croquis, des caricatures pleines d’humour et surtout des peintures fougueuses de Catherine Meurisse. Ces peintures reprenant les tableaux de Delacroix m’impressionnent beaucoup par la force et vigueur qui s’en dégagent. Elle ne reproduit pas les toiles mais les réinterprète sans servilité et avec passion.

La causerie est en quelque sorte une biographie racontée par un ami et admirateur. Les anecdotes racontées montrent un génie en action depuis son enfance et aussi un peintre incompris, en bon romantique qu’il était. Mais c’est surtout tendre et amusé comme les dessins qui l’illustrent.

Nathalie Ferlut et Tamia Baudouin, Artemisia

Cette biographie dessinée nous présente Artemisia Gentileschi, peintre romaine du XVIe siècle. A cette époque, l’art est réservé aux hommes et les femmes sont considérée comme des êtres inférieurs. La carrière d’Artemisia ne se déroule donc pas dans la simplicité. En général, on s’attarde sur son viol par le peintre Agostino Tassi et le procès qui s’ensuivit, comme si cet événement marquant expliquait la force de sa peinture. Mais l’album présente plutôt une femme tenace et passionnée, sûre de son talent qui lutte pour trouver sa place dans ce monde injuste d’hommes.

Pour ce qui est du dessin, s’il est lui-même plein de force, il n’est pas « joli ». Il rend la splendeur des costumes, l’architecture de l’Italie du XVIIe siècle et donne une grande expressivité aux personnages même si parfois il semble brouillon.

Artemisia Gentileschi a probablement inspiré le personnage d’Arte dans le manga du même nom dessiné par Kei Ohkubo.

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