Watership Down de Richard Adams : une épopée dans les trèfles

Comme je suis une fille plutôt influençable par les réseaux sociaux, j’étais très curieuse de découvrir Watership Down de Richard Adams que tout le monde recommandait avec enthousiasme. Dans ces moments-là, Mademoiselle Maeve, sans que je ne lui dise rien, sait par avance que je vais avoir envie de lire ce livre et hop, lors d’une occasion, il se retrouve dans un papier cadeau qui m’est destiné.

Watership Down est une garenne; la garenne qu’une bande de lapins menée par Hazel va fonder après avoir quitté sa garenne natale. Mais le monde des lapins est peuplé de dangers : les vilou qui peuvent surgir sans crier gare, les humains destructeurs, mais parfois, aussi, les autres lapins. Parcourons donc les prairies et chemins de la campagne anglaise sur les traces de ces courageux lapins.

Je vais commencer, dès le début, par vous dire que j’ai vraiment beaucoup aimé ce roman. Je trouve même qu’il relève du génie. Richard Adams, l’auteur, se saisit de tous les ingrédients de l’épopée mais place son récit à auteur de lapin, créant ainsi un roman d’épopée animalière. Certains parlent de fantasy animalière….

On pourrait se dire que des romans dont les personnages principaux sont des animaux, voire des lapins, ce n’est pas original. On connaît cela depuis l’enfance avec les copains Peter Rabbit, Renart, les animaux de la Fontaine etc… Mais ici Richard Adams reste au plus près de la vie des lapins. L’anthropomorphisme est limité au langage et à la pensée. Pour le reste, Richard Adams cherche à recréer le véritable mode de vie des lapins. Le mélange entre une forme de naturalisme et l’épopée est assez saisissant. Le contexte de la vie animale est l’occasion de déployer une véritable écriture de la nature, du cycle des saisons et de la biodiversité. Il y a des passages d’un lyrisme bucolique rafraichissant.

Ce qui domine évidemment c’est l’épopée. L’auteur reprend les codes du genre en attribuant des rôles caractéristiques à ses différents lapins : le soldat, le chef charismatique, l’aède/le chanteur, le voyant, le rusé etc… La présence de l’aède permet le surgissement de récits mythiques enchâssés mettant en scène Shraavilshâ, l’ancêtre mythique de tous les lapins. Comme tous les récits épiques, il est question de dangers, de voyage mais aussi de guerre. La construction du récit avance ainsi crescendo jusqu’au combat final.

Chaque lecteur pourra trouver dans ce roman des thématiques qui lui parleront. Ainsi certains peuvent lire une forme de fable politique dans les différentes sociétés de lapins que rencontre Hazel et sa troupe. D’autres verront plutôt une fable écologique à chaque fois que ces lapins croiseront la route des hommes. Personnellement, j’y ai vu une belle réécriture des épopées antique et en particulier de l’Enéide de Virgile. Je ne suis pas la seule d’ailleurs et je vais lire quelques articles à ce sujet avant de vous en présenter une synthèse plus tard.

Bizarrement, ou non, c’est la lecture de ce roman qui m’a redonné l’élan nécessaire à reconsidérer mes envies de recherches sur la réception de l’Antiquité. A voir si cette motivation va perdurer plus que le temps d’une lecture….


Watership Down de Richard Adams

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