Flâneries, Non classé, On est rendu à Loches

Voyage dans le temps au château de Loches

Le dimanche 21 mai, j’ai entraîné mes parents sur le chemin du château de Loches. Ils commencent à bien le connaître puisque je les y conduis régulièrement. Cette fois, nous y allions pour trois raisons: d’abord ils ne connaissaient pas la nouvelle scénographie, ensuite il y avait l’exposition « Ludovic Sforza, un mécène au cachot » enfin, et surtout, je voulais tester l’HistoPad.

Loches et Ludovic Sforza

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La Touraine est en ce moment en ébullition puisqu’elle participe intensément à la célébration des 500 ans de la Renaissance. Pourquoi avoir choisi 2019? Parce que l’année 1519 voit débuter la construction de Chambord et mourir Léonard de Vinci. Tout au long de l’année 2019, de nombreuses animations, expositions et événements célèbreront la période de la Renaissance et Léonard de Vinci. Loches n’est pas en reste et propose plusieurs expositions et animations dans le cadre « Viva Leonardo Da Vinci » et l’exposition « Ludovic Sforza, un mécène au cachot » en fait évidemment partie.

Quel est donc le rapport entre Ludovic Sforza, mécène de Léonard de Vinci et Loches? C’est ce que nous invite à découvrir le parcours.

Au Logis Royal, le duc Ludovic Sforza est présenté comme mécène, commanditaire de la célèbre peinture murale de La Cène mais aussi comme homme de guerre, engagé dans des conflits avec la France. Le parcours présente les œuvres réalisées par Léonard de Vinci alors protégé par Ludovic Sforza. On trouve ainsi une reproduction de la « lettre de motivation » dans laquelle Léonard de Vinci liste les compétences qu’il propose de mettre au service du duc. Vous pourrez admirer des reproductions et des animations des peintures de Léonard de Vinci ainsi qu’une belle analyse de La Cène. La technologie et la scénographie rendent l’ensemble assez magique. J’ai particulièrement été attentive à une vidéo qui explique comment devait être réalisée la monumentale statue équestre en bronze commandée par Ludovic Sforza en hommage à son père. Mais comme de nombreux projets de Léonard, la statue de bronze n’a jamais vu le jour.

NB: Je conseille de bien suivre les panneaux afin de ne pas faire l’exposition à l’envers, comme je l’ai fait. On perd un peu la logique des salles.

Au donjon, l’exposition continue et c’est là que le lien avec Loches se fait plus clair. En effet, Ludovic Sforza est fait prisonnier par les Français en 1500. En 1504, il est transféré au château de Loches où il meurt en 1508. La légende raconte qu’il serait mort le jour de sa libération, ébloui par l’éclat du soleil. On peut d’ailleurs visiter sa cellule qui reste célèbre pour les peintures murales que l’on attribue à Ludovic Sforza. Au donjon, la scénographie de l’exposition, sous forme de panneaux, devient plus traditionnelle, moins spectaculaire.Les informations sont nombreuses et le visiteur suit le long trajet qui a conduit Sforza jusqu’au donjon de Loches ainsi que les conditions de sa captivité.

 

L’HistoPad

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Lorsque nous sommes arrivés au donjon, nous en avons profité pour découvrir l’HistoPad qui était compris dans le prix du billet.

Il s’agit d’une tablette qui, dans certains lieux, vous permet d’accéder à une reconstitution virtuelle de la pièce. Des petites icônes signalent sur l’écran des informations sur le mobilier, les objets, les personnes présents dans cet espace. Il m’a semblé que cette projection dans le passé était surtout efficace quand on visite le donjon lui-même. En effet, il ne reste que les murs et pouvoir se promener dans les pièces qui existaient à l’époque médiévale est une expérience plaisante. Mais pour pouvoir accéder à ces pièces, il faut avoir le courage de grimper les marches et ne pas avoir le vertige! Dans le jardin au pied du donjon, vous pouvez assister à une scène de guerre sur votre écran.

Il faut avouer que nous avons surtout été captivés par le petit jeu proposé. Il s’agit de découvrir dix objets cachés et de les collectionner. Cela pousse à vraiment faire le tour de tous les lieux concernés par l’HistoPad et à bien visiter chaque pièce. Pour certains objets, il faut même être un peu malin. Le ludique est toujours une bonne idée.

 

 


Pour plus d’informations:

Le programme Viva Leonardo Da Vinci

L’HistoPad à la Cité royale de Loches

L’exposition Sforza à Loches

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Flâneries, On est rendu à Loches

Noël à la Cité royale de Loches

2212-2018-0425591316754231460103Cette année, la Cité royale de Loches rejoint l’opération « Noël au pays des châteaux » aux côtés de Chinon, Langeais, Azay-le-Rideau, Chenonceau et Amboise. Ces six célèbres châteaux de la Touraine offrent à leurs visiteurs une décoration festive et thématique pour fêter Noël.

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Du 1er décembre au 6 janvier, le logis royal revisite A Christmas Carol (Un Chant de Noël), le conte de Noël de Dickens. Un parcours retrace le Noël de M. Scrooge, un vieil avare. Dans quatre espaces successifs, le visiteur pénètre dans l’univers fabuleux de la nuit de Noël. Cette nuit-là, le détestable M. Scrooge est visité par le fantôme de Marley, son ancien associé et trois esprits. Ces apparitions conduisent Scrooge sur le chemin de la charité, de la bienveillance, de l’amour et donc de l’esprit de Noël.

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Situé dans les salles du rez-de-chaussée, le parcours de Noël est un peu à part du château, ce qui permet des mises en scènes immersives et modernes. Chaque pièce est un véritable univers et des animations vidéos et sonores permettent de raconter l’histoire aux visiteurs, le tout dans une atmosphère très chaleureuse.

Il y avait peu de monde quand je m’y suis rendue, ce qui a permis une circulation facile dans les pièces où chaque détail donne vie au moment représenté. Par contre, si je vous conseille d’emmener vos enfants à l’heure du conte, ne visitez pas à ce moment-là car une des pièces du parcours est réquisitionnée par la conteuse et donc vous manquez une partie du conte.

D’après le site internet de la Cité royale, ce parcours inaugure un cycle consacré aux « contes d’hiver ». J’ai donc hâte de découvrir celui qui sera choisi pour l’an prochain!


Pour plus d’informations:

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Flâneries, On est rendu à Loches

Voir Loches autrement: visite insolite et escape game

J’entends souvent dire qu’il n’y a rien à faire à Loches et qu’on s’ennuie dans les petites villes. FAUX! Loches est classée « ville d’art et d’histoire » et attire de plus en plus de touristes car elle propose des animations intéressantes. Aujourd’hui je vous présente une visite et une activité originales pour voir la ville autrement.

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Evénements, Festival, On est rendu à Loches, Théâtre

Les Bellilo’scènes (saison 2): Retour sur les trois spectacles.

Je m’y prends peut-être un peu tard pour faire le compte-rendu des trois spectacles du festival Bellilo’scènes, mais le temps était « un peu court (jeune homme) » pour réussir à rédiger correctement mes impressions directement au sortir de la salle. La blogueuse Eimelle Laure a parfaitement réussi ce challenge et vous pouvez aller lire son avis sur l’une des pièces.

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Festival, On est rendu à Loches, Théâtre

Les Bellilo’scènes #2 Le Porteur d’histoire

le-porteur-d-histoire-tourneeHier soir, j’ai pu assister à la deuxième soirée du festival des Bellilo’scènes. Malgré la lourde chaleur, je n’ai pas un instant pu décrocher de la pièce qu’on nous proposait ce soir-là à l’espace Agnès Sorel de Loches.

Le Porteur d’histoire raconte une drôle d’histoire, ou plutôt des histoires – ou l’Histoire? En Algérie, deux femmes sont portées disparues. Aucune trace de violence. Ce qui s’est passé ce jour-là et bien d’autres jours avant, la quête romanesque qui a entraînée ses deux femmes dans son tourbillon, tout nous est conté par cinq acteurs sur une scène nue à l’exception de cinq tabourets et de vêtements suspendus à un portant.

Il est difficile de résumer l’enjeu de cette pièce. Le prologue nous indique qu’il va être question d’histoires et d’Histoire et que ses deux notions homonymes et pourtant si éloignées dans leur usage sont liées car en réalité tout est question de récit. L’aventure folle que propose le Porteur d’histoire joue sur les chronologies, la littérature, l’histoire, l’art.  C’est une fresque intense et mouvementée qui se déroule sous nos yeux ébahis sans un seul temps mort. Et pourtant, ils ne sont que cinq sur une scène vide.

En dehors d’une pièce dont la narration romanesque est maîtrisée dans les moindres détails, la grande force du spectacle repose sur le jeu des acteurs. Ils miment, modifient leur corps et leur voix et d’un simple détail vestimentaire campent un nouveau personnage et lui donnent chair. Le spectateur se trouve tour à tour dans le désert d’Algérie, dans un cimetière des Ardennes, dans une salle de bal de 1830, dans un avion, une jeep, une malle-poste… Un véritable voyage, une épopée!

Et quel plaisir de retrouver au coeur de ce(s) récit(s) Alexandre Dumas, à la fois personnage mais sans doute aussi génie tutélaire de cette pièce complètement vertigineuse.

Le festival des Bellilo’scènes remplit donc parfaitement son contrat: « ouvrir un espace de dialogue et de partage entre un public local et des artistes de théâtre issus du territoire français ».


Le Porteur d’histoire: Pièce et mise en scène d’Alexis Michalik. Avec Patrick Blandin, Mounya Boudiaf, Amaury de Crayencour, César Méric, Justine Moulinier

Molière 2014 du Meilleur Auteur Francophone Vivant.
Molière 2014 du Meilleur Metteur en scène d’un spectacle de Théâtre Privé.
Également nommé dans la catégorie du Meilleur Spectacle du Théâtre Privé.

Toutes les informations sur le site du festival: http://www.lesbelliloscenes.com/

Festival, On est rendu à Loches, Théâtre

Les Bellilo’scènes #1: Formes de femme

AFFICHE-BELLILO-SCENES-page-001Hier soir, vendredi 26 mai, au terme d’une journée étouffante, je me suis rendue à l’ancienne église romane Saint-Laurent à Beaulieu-lès-loches. Dans sa fraîcheur se jouait « Formes de femme« , une création du festival des Bellilo’scènes.

Revenons d’abord sur le festival. Il tire son nom des habitants de Beaulieu-lès-loches: Les Bellilociens et les Bellilociennes. Il s’agit ce week-end de la première édition initiée par l’association « Demain c’est loin » (clin d’oeil à une chanson d’IAM?). Cette association est née de la rencontre d’Amandine Sroussi et Elsa Tournoux, dont l’une est originaire de Beaulieu-lès-loches. L’objectif du festival est « d’ouvrir un espace de dialogue et de partage entre un public local et des artistes de théâtre issus du territoire français. » En quelques sortes, c’est mettre le théâtre national à portée de la ruralité, et moi je dis banco!

Qu’en est-il de « Formes de femme »? Sur scène: trois comédiens incarnent et lisent des textes de Virginia Woolf (Une chambre à soi), George Sand (Histoire de ma vie) et Carole Martinez (Le domaine des murmures). Un pianiste et une chanteuse lyrique les accompagnent avec une composition de Francis Poulenc sur des poèmes de Louise de Vilmorin. D’autres morceaux ponctuent la représentation: Chopin, Debussy, Lizt… (Je me fie au programme car je ne connais malheureusement pas grand chose à la musique classique).

Je n’ai évidemment aucune prétention à réaliser ici une critique de théâtre. Je vous présenterai plutôt mes impressions et réflexions. Dans cette création, la femme est mise à l’honneur en faisant entendre quatre voix féminines. Le texte de Carole Martinez semble un peu en décalage car il ne porte pas à proprement parler de réflexion esthétique ou biographique sur la femme artiste mais il entre en écho avec certains passages de l’essai de Virginia Woolf. J’ai particulièrement apprécié le jeu des comédiens qui s’adaptait au personnage incarné: passion, réflexion, délicatesse… A noter, Virginia Woolf était jouée par un comédien et non seulement je n’ai pas trouvé cela dérangeant mais j’ai même trouvé que cela se justifiait si l’on pensait aux propos de Virginia Woolf: « Il est néfaste pour celui qui veut écrire de penser à son sexe ».

Cette représentation, en plus de me donner envie de lire les oeuvres dont étaient extraits les textes, m’a surtout fait découvrir Louise de Vilmorin, poète et auteure du début du XXe siècle, femme à la biographie surprenante et qu’il serait bon de lire.

A mon humble avis, ce festival plein de promesses débute sous les meilleurs auspices.