La Commune à travers trois fictions

Avec cet article, je souhaite inaugurer une autre façon d’aborder mes lectures. Je me suis aperçue que je faisais souvent des liens entre les livres que je lisais. Déformation professionnelle? Peut-être. Mais quand j’ai vu que Mademoiselle Maeve présentait deux livres sur une thématique le lundi matin sur France Bleue, je me suis dit que c’était sans doute naturel de fonctionner de la sorte. D’ailleurs, si vous aimez les choix thématiques, je vous conseille la box de livres de chez My Book Box qui vous surprendra chaque mois avec une sélection de un à trois livre sur un thème choisi par la créatrice de la marque.

Maintenant que j’ai fait de la publicité pour deux femmes que j’aime beaucoup, revenons-en à nos moutons: La Commune de Paris. Il est probable que vous n’ayez pas entendu parlé de cet événement historique parisien. Je l’ai moi-même découvert avec stupeur assez tard.

En 1870, l’empereur Napoléon III règne. En juillet, Napoléon III déclare la guerre à la Prusse (et une coalition d’états allemand qui correspond à peu près à l’Allemagne actuelle). Mal préparée, l’armée française subit plusieurs défaites. La défaite de Sedan, le 2 septembre 1870 marque la capitulation de Napoléon III qui est fait prisonnier. Cette capitulation provoque un soulèvement populaire à Paris. La République est proclamée le 4 septembre 1870 et un gouvernement provisoire est installé. L’armée prussienne avance et fait le siège de Paris à partir du 17 septembre 1870. Dans la capitale, les réserves s’épuisent. La nourriture est rationnée. On abat les chevaux et même les animaux du Jardin des plantes – nous y reviendrons. Mais tout cela ne concerne que les nantis. Le peuple a faim et en est réduit à manger les chats, les chiens, les rats. Pour communiquer avec l’extérieur, on utilise les pigeons voyageurs, qui sont parfois attaqués par les faucons prussiens. De plus, l’hiver est rude et les Parisiens meurent littéralement de froid et de faim. A cela s’ajoutent les bombardements… Le 28 janvier 1871, le gouvernement français, réfugié à Tours, signe l’armistice. Les conditions de la paix sont lourdes: des indemnités de guerre, une occupation du territoire et cession de l’Alsace et de la Lorraine. Le 1er mars les Prussiens défilent dans Paris.

Trahis et humiliés, les Parisiens sont en colère. Le 18 mars, Adolphe Thiers envoie les troupes françaises récupérer les canons stockés à Montmartre. Les Parisiens s’y opposent et les troupes françaises refusent d’exécuter l’ordre de tirer sur la population. C’est l’insurrection. Les Parisiens organisent alors des élections où l’extrême gauche remporte la majorité de voix. La Commune de Paris est proclamée et le drapeau rouge flotte sur la ville. Des mesures qui visent à l’égalité entre les citoyens et entre hommes et femmes sont prises. Mais le gouvernement français, installé à Versailles, cherche à mater cette rébellion. La Commune prend fin brutalement lors de la Semaine sanglante du 21 au 28 mai 1871. On compte près de 20 000 morts.

Pour en savoir plus, je vous conseille deux courtes vidéo:

C’est dans ce contexte historique et politique que se situent les trois œuvres dont je vais vous parler.

Hervé Jubert, Blanche ou la triple contrainte de l’Enfer, juin 2010

Nous sommes à Paris en 1870 pendant le siège de Paris. Blanche a raté le dernier train pour la province et a été séparée de sa famille. Heureusement, son oncle Gaston, commissaire à la Sûreté, est là pour s’occuper d’elle. Mais une enquête étrange lui occupe l’esprit. Un cadavre, retrouvé dans les jardins du Palais-Royal, trépané, un tatouage occulte sur le bras gauche, se volatilise mystérieusement. Blanche, passionnée par les méthodes d’investigation, décide d’aider Gaston, voire de le contrecarrer. Dans une ville guettée par la famine et en proie aux bombardements, la jeune fille plonge au coeur d’un sombre mystère et d’une terrible vengeance, aux frontières du fantastique.

Lucie Pierrat-Pajot, Les Mystères de Larispem, tome 1: Le sang jamais n’oublie, avril 2016

Dans la Cité-État de Larispem, en 1899, les bouchers constituent la caste forte d’un régime populaire, issu de La Commune. Trois jeunes personnages, liés par le destin, vont devoir faire Dans la Cité-État de Larispem, en 1899, les bouchers constituent la caste forte d’un régime populaire, issu de La Commune. Trois jeunes personnages, liés par le destin, vont devoir faire face au retour des Frères de Sang, avides de vengeance : Liberté, la mécanicienne hors pair, Carmine, l’apprentie louchébem et Nathanaël, l’orphelin au passé mystérieux. face au retour des Frères de Sang, avides de vengeance : Liberté, la mécanicienne hors pair, Carmine, l’apprentie louchébem et Nathanaël, l’orphelin au passé mystérieux.

Wilfrid Lupano et Lucy Mazel, Communardes! Les éléphants rouges, septembre 2015

Pendant l’hiver 1870 et le siège de Paris, Victorine, onze ans, est un peu livrée à elle-même pendant que sa mère cherche des moyens de survivre et veut s’engager dans la défense de la ville. La petite fille s’occupe de Castor et Pollux, les deux éléphants du Jardin des plantes et traîne avec une bande de gamins. Jusqu’au jour où Victorine à un plan indiscutable pour bouter les Prussiens hors de Paris.

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Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë par Yann et Edith

les-hauts-de-hurlevent,-tome-1--bd---187206Titre: Les Hauts de Hurlevent

Auteur: Emily Brontë

Scénario: Yann

Dessin et couleur: Edith

Éditions: Delcourt

Date de parution: 2012

Ce mois-ci, le groupe de lecture Comic Whales nous lançait le défi de lire une adaptation d’un grand classique en bd. Le choix du groupe s’est porté sur Les Hauts de Hurlevent, le roman sombre et presque gothique d’Emily Brontë. Cela tombait bien puisque depuis un moment je désirais lire le roman. Alors je me suis dit que je pourrais peut-être commencer par la bande-dessinée.

Les Hauts de Hurlevent sont une demeure dans les landes. Un soir, Hareton Earnshaw le propriétaire des lieux, revient chez lui accompagné d’un jeune garçon des rues: Heathcliff. C’est l’intrusion de ce personnage passionné, dur et sauvage qui va entraîner l’histoire de la famille sur deux générations.

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Victor Hugo. Aux frontières de l’exil de Gil et Paturaud

victor hugo aux frontières de l'exilTitre: Victor Hugo. Aux frontières de l’exil.

Auteurs: Gil et Paturaud

Éditions: Daniel Maghen

Date de parution: Août 2013

J’ai découvert cette bande-dessinée au festival Les Courants à Saint-Ouen-les-vignes au mois de juin et je l’ai lu d’une traite le soir même. Pourtant, j’ai tardé à vous faire ici ma chronique. C’est en terminant Victor Hugo vient de mourir de Judith Perrignon que l’association sur le blog de ces deux titres m’a paru intéressante.

En septembre 1853, Victor Hugo est en exil sur l’île de Jersey avec sa famille et ses proches. Or, lors d’une séance de spiritisme, Victor Hugo voit apparaître l’âme de Léopoldine, sa fille morte noyée. Celle-ci lui intime de faire la lumière sur sa disparition. Pour cela, il faut rentrer en France et braver l’exil. Le poète se lance alors dans une enquête douloureuse.

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Kiki de Montparnasse, Catel et Bocquet

KikiDeMontparnasse1_25032007Titre: Kiki de Montparnasse

Auteur: Bocquet (scénario) et Catel (dessin)

Éditeur: Casterman

Date de parution: 2007

 

Il s’agit d’une bande-dessinée biographique (je ne sais si les termes sont exacts) mettant en scène la célèbre Kiki, muse et artiste parisienne du XXe siècle. Femme extravagante, compagne de Man Ray, célèbre « Violon d’Ingres », elle a inspiré de nombreux artistes et faisait tout le sel du quartier Montparnasse pendant l’entre-deux-guerre.

Les chapitres qui retracent la vie riche en rebondissements et en émotions de cette femme sont liés à un lieu et à une période importants de sa vie.

J’ai dévoré ce roman graphique! (toujours ce problème de genre de l’ouvrage…) Le sexe, la drogue, l’alcool sont abordés sans jugement, ni positif ni négatif, comme un fait, une vérité de l’époque. A travers la vie de Kiki, nous parcourons le milieu artistique parisien, ses différents mouvements et son évolution: le mouvement dada, le surréalisme, le développement du marché de l’art. C’est surtout le portrait du Paris du début du XXe siècle, la ville de la fête, de l’exubérance mais aussi de la misère. Kiki nous emmène même faire une petite excursion aux États-Unis, le temps de voir les débuts du cinéma et du music-hall.

J’ai tellement aimé que j’ai presque trouvé l’ouvrage trop court. Par exemple, les années 1940 sont totalement évacuées et on ne sait pas vraiment ce que devient Kiki à cette époque. En même temps, comment faire le récit de la déchéance d’une icône? Cette période de sa vie est résumée d’une façon poignante et assez significative lors de sa dernière rencontre avec Man Ray.

A la fin de l’album, on trouve la biographie très chronologique de Kiki ainsi qu’une brève notice de tous les personnages importants qu’elle croise.

En découvrant ce personnage haut en couleurs, j’ai vraiment été dévorée par l’envie de voir toutes les œuvres mentionnées. Découvrir Kiki, c’est visiter une galerie d’art recensant les plus grandes œuvres modernes du XXe siècle.

Une superbe découverte!

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