Génération B de Chang Kang-myoung

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Titre : Génération B

Auteur: Chang Kang-myoung

Éditions: Editions Decrescenzo

Date de parution: juin/juillet 2019

J’ai eu la surprise d’être contactée par les éditions Decrescenzo pour découvrir une de leur dernière parution: Génération B de Chang Kang-myoung. Cette maison d’édition est spécialisée dans la littérature asiatique, et notamment la littérature coréenne contemporaine. C’était pour moi l’occasion de sortir un peu de ma zone de confort géographique.

En Corée, la jeunesse subit une lourde pression lors de ses études pour intégrer les plus grands entreprises. Mais l’ambition et les rêves des générations précédentes n’ont plus la place de s’épanouir dans cette société que la belle et redoutable Seyeon appelle le « Great Big White World ». Dans ce cas-là, à quoi bon? Quand Seyeon se suicide, elle déclenche un processus qui entraîne de nombreux jeunes avec elle. Face à Seyeon et au site whydoyoulive.com, le narrateur cherche à faire émerger sa voix.

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Faire mouche de Vincent Almendros

faire moucheTitre: Faire mouche

Auteur: Vincent Almendros

Éditions: Éditions de Minuit

Date de parution: janvier 2018

Il faut toujours faire confiance à une libraire. Toujours. Même quand elle ne réussit pas à vous faire un bref résumé du livre. Surtout quand elle n’y arrive pas mais qu’elle vous le tend pleine de confiance.

Laurent Malèvre, le narrateur, est de retour dans le hameau de son enfance pour le mariage de sa cousine. On pourrait presque s’arrêter là, comme l’a d’ailleurs fait la libraire. Pour donner quelques pistes supplémentaires, on pourrait ajouter qu’il est accompagné de Constance, ou plutôt de Claire mais qu’il présente sous le nom de Constance. Et puis les liens de Laurent avec sa famille sont pour le moins distendus et tendus tout à la fois.

Comme l’annonce le titre, le court roman de Vincent Almendros fait mouche et réussit à nous gifler à la dernière page. Et même si j’avais vu un peu la fin venir, les derniers paragraphes m’ont quand même bien secouée.

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Après la chute de Dennis Lehane

après la chuteTitre: Après la chute

Auteur: Dennis Lehane

Éditions: Rivages

Date de parution: 4 octobre 2017

Je ne connaissais pas Dennis Lehane. C’est pour cela que j’ai voulu le lire malgré le fait que Mademoiselle Maeve m’avait affirmé qu’il en avait écrit de bien meilleurs. Je m’étais dit que je pouvais commencer par un roman moyen pour découvrir l’auteur. Mais j’aurais dû écouter Mademoiselle Maeve et m’abstenir de perdre mon temps à lire ces 456 pages.

Rachel Childs est une journaliste, qui malgré une mère manipulatrice et un père inconnu, a réussi à se tailler une place de choix à la télé. Pourtant, alors qu’elle couvre les événements d’Haïti, une crise de panique la terrasse en direct. Son monde s’effondre. C’est là qu’elle va croiser la route de Brian Delacroix. Cet homme va donner un nouveau tournant à sa vie.

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Vous aurez de mes nouvelles dans les journaux de Gil Graff.

vous aurez de mes nouvelles dans les journauxTitre: Vous aurez de mes nouvelles dans les journaux

Auteur: Gil Graff

Éditions: Cap Béar Éditions

Date de parution: février 2007

Gil Graff est l’auteur invitée d’honneur du salon Polar sur Loire. Lors d’une réunion de préparation Denis Soubieux a réussi à m’intriguer en parlant de ses romans. Il en a mis un (de sa collection personnelle) à la disposition de Mademoiselle Maeve et moi.

Elvira est une fille pas banale. Elle se rappelle de tout depuis sa naissance. Elle observe, apprend très vite et retient vite une seule leçon: quand quelque chose se met en travers de ton chemin, couic, supprime-le. Elvira aime passionnément son père adoptif et médite sa conquête depuis toujours. Quant à Chantal, sa camarade, elle voit le monde comme un film.

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Je suis Pilgrim de Terry Hayes

Je-suis-PilgrimTitre: Je suis Pilgrim

Auteur: Terry Hayes

Édition: JCLattès

Date de parution: 2 avril 2014

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas plongé dans un thriller. Alors quand une collègue a déposé celui-ci dans mon casier, je ne fus que joie. J’avais en tête un vieux souvenir tenace: Pilgrim de Thimothy Findley, un roman fantastique étrange et passionnant. Évidemment, rien à voir à part cette référence à l’errance et à l’anonymat.

Ce  qu’on m’avait annoncé comme un thriller m’a semblé davantage relever du roman d’espionnage. On y suit Pilgrim, un agent du renseignement américain sous différentes identités à travers le Moyen-Orient sur les traces de Sarrasin qui prépare une attaque terroriste d’un nouveau genre contre les États-Unis. Et pourtant tout commence par un meurtre sordide dans un motel.

Au début, j’ai eu du mal à suivre les différentes intrigues: le passé du héros, le meurtre du motel, la piste de Sarrasin et le meurtre d’un ressortissant américain à Bodrum en Turquie; ainsi que les changements de cadres spatiaux et temporels. Je dois donc bien avouer que toute la première partie du pavé de 630 pages m’a paru longuette. Ce qui m’a le plus troublée, ce sont les prolepses (les petites phrases qui annoncent mystérieusement la suite). Ce jeu avec le lecteur gâche parfois un peu le suspense car il met le doigt sur un détail pour nous signaler son importance. Le but est sans doute d’inciter le lecteur à faire des hypothèses mais j’ai été un peu agacée par ce procédé trop récurrent.

Pourtant, progressivement les pièces se mettent en place. La fin forme un véritable nœud où chaque détail du récit qui pouvait sembler superflu jusque là prend son sens. En fait, on ne prend la véritable mesure de la qualité du récit qu’à la fin. Tout se combine dans un feu d’artifice.

Pour conclure, c’est un bon roman, haletant et efficace mais ce n’est pas le coup de cœur promis par ce best-seller. En fait, j’attendais plus, sans savoir vraiment quoi.

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Ne lâche pas ma main, Michel Bussi

25809994_000_CV_1_000Titre: Ne lâche pas ma main

Auteur: Michel Bussi

Éditeur: Presses de la Cité

Date de parution: 7 mars 2013

 

Nous sommes là pour parler du dernier roman de Michel Bussi, Ne lâche pas ma main à paraître le 7 mars 2013 au Presses de la Cité.

Sur l’île paradisiaque de la Réunion, Liane Bellion disparaît d’un grand hôtel luxueux. Son mari prend bientôt la fuite avec leur fille de six ans. La course-poursuite est lancée pour attraper le suspect. Les cadavres pleuvent dans le sillage des fuyards et il y a dans cette fuite comme un goût de désespoir.

Il y a là tous les ingrédients d’un bon roman policier: rebondissements inattendus, révélations inquiétantes, dépaysement et rythme alerte. L’action est ramassée, condensée sur quelques jours. Michel Bussi, à son habitude, multiplie les points de vue dont un, très original, celui de la fillette qui suit son père et doute de son innocence. Chaque personnage apporte son passé, son lot d’éclaircissements et de complications, sa touche à l’enquête. La Réunion, île fascinante et inquiétante, ressemble à un piège où les destins s’imbriquent, s’emmêlent. Comme dans les précédents romans, le lecteur est tenu en haleine par une action sans temps mort. L’intrigue est brillamment menée et maintient le suspens dans de courts chapitres qui laissent le lecteur sur sa faim. Michel Bussi maîtrise l’art du polar et celui de manipuler son lecteur jusqu’au bout.

Le seul bémol que j’apporterais à cette critique positive, c’est que Ne lâche pas ma main ne tient pas la comparaison face à Nymphéas noirs parce qu’il me semble moins abouti, et ce pour deux raisons principales:

– l’intrigue de Nymphéas noirs était surprenante, unique et touchante. Les époques, les vies s’y mélangeaient par touches impressionnistes dans un effet très pictural. La musique et la mélancolie qui se dégageaient du texte dépassaient le cadre du simple roman policier.

– la région normande, Giverny, le cadre de Nymphéas noirs, c’était chez moi. J’y voyais les couleurs, j’y sentais les odeurs, j’y situais les lieux. La Réunion, je ne connais pas et même si Michel Bussi rend la chaleur, la musique du créole, la grandeur des paysages et l’ambiance métissée palpable, ce déracinement m’a moins touchée. Je ne suis donc pas objective dans mon choix mais je tenais à le préciser par honnêteté.

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Je remercie les éditions Presses de la Cité et l’opération « Masse critique » du site Babelio de m’avoir donné l’occasion de découvrir le dernier roman, d’un auteur que j’apprécie.