Evénements

A, B, O, certaines lettres ont plus de pouvoir que d’autres.

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« Rien n’ét_it si _e_u, si leste, si _rill_nt, si _ien _rd_nné que les deux _rmées. Les tr_mpettes, les fifres, les h_ut__is, les t_m__urs, les c_n_ns, f_rm_ient une h_rm_nie telle qu’il n’y en eut j_m_is en enfer. Les c_n_ns renversèrent d’___rd _ peu près six mille h_mmes de ch_que c_té ; ensuite l_ m_usqueterie _t_ du meilleur des m_ndes envir_n neuf _ dix mille c_quins qui en infect_ient l_ surf_ce. L_ __ï_nnette fut _ussi l_ r_is_n suffis_nte de l_ m_rt de quelques milliers d’h_mmes. Le t_ut p_uv_it _ien se m_nter _ une trent_ine de mille _mes. C_ndide, qui trem_l_it c_mme un phil_s_phe, se c_ch_ du mieux qu’il put pend_nt cette __ucherie hér_ïque.

Enfin, t_ndis que les deux r_is f_is_ient ch_nter des Te Deum, ch_cun d_ns s_n c_mp, il prit le p_rti d’_ller r_is_nner _illeurs des effets et des c_uses. Il p_ss_ p_r-dessus des t_s de m_rts et de m_ur_nts, et g_gn_ d’___rd un vill_ge v_isin ; il ét_it en cendres : c’ét_it un vill_ge ___re que les _ulg_res _v_ient _rûlé, sel_n les l_is du dr_it pu_lic. Ici des vieill_rds cri_lés de c_ups reg_rd_ient m_urir leurs femmes ég_rgées, qui ten_ient leurs enf_nts _ leurs m_melles s_ngl_ntes ; l_ des filles, éventrées _près _v_ir _ss_uvi les _es_ins n_turels de quelques hér_s, rend_ient les derniers s_upirs ; d’_utres, _ demi _rûlées, cri_ient qu’_n _chev_t de leur d_nner l_ m_rt. Des cervelles ét_ient rép_ndues sur l_ terre _ côté de _r_s et de j_m_es c_upés. »

Voltaire, Candide, III, 1759

Vous n’avez pas la berlue! Pour lire ce texte célèbre sur une « boucherie héroïque », il manque trois lettres. Trois lettres qui peuvent tout changer: A, B, O.

Cette année, l’Établissement français du sang a fait appel aux blogueuses de Tours pour diffuser leur message. Je n’ai pas souvent l’occasion de donner mon sang mais c’est une cause importante qui nous concerne tous. Plus jeune, je donnais mon sang deux fois par an, mais depuis j’ai manqué d’occasions. Mais ce n’est pas une bonne excuse. N’hésitez pas à consulter le site de l’EFS pour connaître les prochains lieux de collecte.

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Classique, Scolaire

La Princesse de Babylone de Voltaire

la princesse de babyloneTitre: La Princesse de Babylone

Auteur: Voltaire

Epoque/ Mouvement: XVIIIe siècle (1768) – Les Lumières

 

La Princesse de Babylone est un conte oriental qui raconte l’histoire de Formosante, la princesse de Babylone et d’Amazan. Par amour, l’un et l’autre parcourent un monde « légendaire », reflet de l’Europe du XVIIIe siècle. C’est l’occasion pour Voltaire d’exposer les différents peuples et régimes politiques européens avec humour, ironie et imagination.

J’aime particulièrement les contes orientaux. Leur univers chatoyant, exotique et voluptueux constitue toujours pour moi une source de rêverie. Ce conte s’inscrit dans cette tradition comme Zadig (de Voltaire) ou encore Les Lettres Persanes (de Montesquieu). Et comme ces deux autres oeuvres, La Princesse de Babylone est un conte philosophique où sont développées les réflexions caractéristiques des Lumières (la justice, les régimes politiques, les moeurs, …).

Le début est extrêmement plaisant et agréable à lire. On y découvre la princesse Formosante (de formosa, en latin, la beauté) qui est la plus belle des jeunes femmes. Son père veut la marier et pour cela organise un concours au cours duquel les participants devront réaliser des défis annoncés par un oracle. Évidemment, rien ne se passe comme prévu et Formosante tombe éperdument amoureuse d’un jeune inconnu, un simple berger issu du peuple des Gandarides. Il est accompagné par un oiseau qui parle et qui se révèle être un phénix et chevauche une licorne. Tout cela est digne des Mille et unes nuits !

Après une série de rebondissements, la princesse part à la recherche du bel inconnu et découvre le pays utopique des Gangarides. Voltaire peint alors une civilisation idéale, modèle de vertu, d’égalité et de justice. Mais à la suite d’un quiproquo amoureux, l’errance des deux jeunes gens reprend de plus belle et les conduit en Europe.

Ils passent successivement par la Chine, la Scythie, la Scandinavie, les pays bataves, Albion (l’Angleterre), Paris, l’Espagne, l’Italie… Avec son humour légendaire, Voltaire dresse le portrait de ses contemporains et dénonce les travers des différentes sociétés et régimes politiques. Cependant, le parcours européen se construit sur le mode répétitif et donc un peu ennuyeux d’Amazan fuyant les avances des femmes des pays traversés et Formosante cherchant à retrouver son bel inconnu.

A Paris, ville de toutes les séductions, le schéma s’inverse et Amazan doit à présent poursuivre la princesse afin de se faire pardonner. La critique caustique est parfois alourdie par les références à l’actualité de Voltaire. C’est donc un véritable effort pour le lecteur moderne de décrypter toutes les petites vacheries voltairiennes.

Lorsque enfin le périple s’achève, tout est bien qui finit bien!

Un conte charmant, court et efficace qui vaut bien un Zadig ou un Candide !

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Contemporain

Voltaire mène l’enquête: Meurtre dans le boudoir de Frédéric Lenormand

meurtre-dans-le-boudoirTitre: Meurtre dans le boudoir

Auteur: Frédéric Lenormand

Editeur: JC Lattès

Date de parution: 1er février 2012

Il n’y a pas à proprement parler de librairie là où j’habite. Alors dès que je peux aller chez ma libraire préférée à Vernon, j’y cours, vole et me venge de ces semaines de frustration! De ma dernière excursion, j’ai rapporté dans mes valises Voltaire mène l’enquête: Meurtre dans le boudoir de Fréderic Lenormand. Ce qui m’a attiré? La couverture légèrement grivoise et le siècle des Lumières!

Le roman se situe au XVIIIe siècle alors que Voltaire tente de faire publier ses Lettres philosophiques anglaises malgré la censure. Notre philosophe grognon et hypocondriaque se trouve mêlé à son corps défendant à une série de meurtres surprenants. En effet, le tueur frappe dans les lieux libertins et semble suivre l’intrigue d’un livre licencieux.

L’intrigue du roman s’appuie sur la correspondance de Voltaire et sur d’autres écrits de l’époque qui sont cités en fin d’ouvrage. Mais il faut bien l’avouer, l’intrigue policière n’est pas vraiment au centre du roman et ce n’est pas ce qui en fait le sel: elle met longtemps à se mettre en place et est vite expédiée. Certains liens se font tardivement et peu clairement d’ailleurs.

Cependant l’auteur nous entraîne dans un roman léger et sautillant, plein d’ironie et d’humour … très voltairien. Voltaire, le célèbre philosophe, est ici un vieil hibou, avare et pédant, accompagné de la délicieuse Emilie du Châtelet. Ce couple découvre un tout autre libertinage que celui de la pensée voltairienne et l’on se demande bien quel est le plus savoureux des loukoums dégustés sur un corps nu ou des contes orientaux philosophiques.

A dévorer sans complexe comme une sucrerie.

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