Les derniers jours de Rabbit Hayes d’Anna McPartlin

Les-derniers-jours-de-Rabbit-HayesTitre: Les derniers jours de Rabbit Hayes

Auteur: Anna McPartlin

Éditions: Le Cherche-midi

Date de parution: 18 février 2016

J’avais craqué sur la couverture quand Prettybooks nous l’a montrée sur Instagram. De plus, c’était un coup de coeur pour elle et pour beaucoup d’autres lecteurs. Je me suis donc laissée tenter.

Mia Hayes, surnommée Rabbit par son entourage, est en phase terminale d’un cancer généralisé. Elle intègre une maison médicalisée pour ses derniers jours. Le roman raconte donc le parcours d’acceptation de la mort par l’ensemble des personnages: la fille de Rabbit, ses parents, sa soeur, son frère et ses amis.

Clairement, ce n’est pas le genre de roman que j’ai l’habitude de lire. Mais il faut savoir sortir de sa zone de confort et s’aventurer hors des sentiers battus. Malheureusement, ce n’est pas du tout le coup de coeur attendu.

Le récit est évidemment émouvant, de part son sujet mais aussi par le réalisme des réactions des personnages: la fuite, le déni, le courage, la douleur, la révélation… Les chapitres alternent les points de vue, ce qui permet de faire connaissance avec chaque personnage et d’inscrire la mort dans leur vie quotidienne. La fin m’a tiré des larmes mais je n’ai ressenti aucune des émotions fortes promises par les critiques des lecteurs.

Qu’est-ce qui bloque? Le style, définitivement. Peut-être parce qu’il s’agit d’une traduction, je n’ai pas apprécié le phrasé de l’auteur. Et j’ai été rebutée par les clichés. Alors, je précise d’emblée que les clichés ne concernent pas les réactions des personnages à la mort. Au contraire, j’ai trouvé que c’était la force du roman. Je parle plutôt de tout ce qui constitue le passé de Rabbit et en particulier son histoire avec Johnny. Dès l’ouverture du livre, on nous raconte cette histoire de groupe de rock dans le garage familiale qui commence à avoir du succès. On nous parle de la jalousie de Rabbit pour la beauté très féminine de sa soeur alors qu’elle est une fille malingre mais au caractère rebelle. J’ai trouvé cela cliché, excessif. Cette vision de l’adolescence me hérisse le poil.

Sans doute suis-je trop difficile ou trop exigeante mais cette histoire entre Rabbit et Johnny est cousue de fil blanc. On a compris dès les premières pages que le souvenir de son amour de jeunesse va lui permettre d’accepter la mort pour le retrouver (à défaut de la religion, thème omniprésent dans le roman). En fait, je crois que c’est le choix même de situer les jeunes gens dans un groupe de rock qui est en passe de rencontrer la gloire qui m’a gênée. Il y a tellement de situation moins clichées, plus complexes à raconter que celle-là… Et si c’était pour aborder le cas de la sclérose en plaque alors il fallait en parler de façon peut-être plus approfondie. J’ai eu l’impression que tout cela était un prétexte pour aborder trop de choses en même temps.

Une piste que j’aurais voulu voir davantage exploitée, c’est celle des extraits du blog de Rabbit. J’ai trouvé que c’était intéressant de voir son point de vue face au cancer. Ces extraits sont cependant peu nombreux et situés à des endroits pas forcément très efficaces. Pourtant, l’effet d’écart entre ce qu’écrivait Rabbit et sa situation aurait ajouté du tragique ou au moins de l’ironie tragique.

Quant à l’humour, je suis habituellement bon public. Beaucoup mettaient en avant l’alternance équilibrée de rire et de larmes mais chez moi ce fut un échec. Je suppose que ces lecteurs ont apprécié les échanges vifs que portent le personnage de Rabbit et celui de sa mère. Et pourtant, cela n’a pas marché chez moi. J’avais toujours cette impression de « surjoué » qui me mettait mal à l’aise, cette énergie du désespoir qui est plus déchirante qu’autre chose.

Je regrette aussi que certains personnages soient trop secondaires. Ils semblaient intéressants mais pas assez creusés: les fils de Grace, la soeur de Rabbit, le voisin et ami de Juliet, les amies de Davey…

Je ne suis pas sensible aux livres que TOUT le monde aime. Celui-ci est noté 4.82/5 sur Babelio et 4.27 sur Goodreads… Mais de trop grandes attentes réservent forcément de la déception. Il faut aussi que je fasse plus attention aux goûts des blogueuses influentes. Elles dévorent en général du contemporain, apprécient s’identifier aux personnages, cherchent l’émotion. Ce qui, en soi, n’est pas du tout critiquable. Mais moi, je suis plus sensible au style, à l’ingéniosité de la construction, à la surprise. Au fond, je ne lis pas tant pour me divertir que pour rencontrer des voix originales et puissantes. Et c’est là d’où vient probablement ma déception.

3livrecoeur

2 réflexions sur “Les derniers jours de Rabbit Hayes d’Anna McPartlin

  1. La couverture est vraiment belle et on l’a vu partout, tu as raison. Mais en lisant la quatrième de couverture, j’ai compris que ce ne serait pas pour moi. Trop triste ! Mais si c’est mal écrit, je n’ai aucun regret !
    Sinon, rien à voir, mais ton livre de poésie – tu sais celui qu’on a cherché à la BAL – va sortir en français. On va encore le voir partout sur les réseaux. A moins qu’en français ça fasse moins chouette ?
    Gros bisous,
    Maeve

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