Circé de Madeline Miller

C’est fou comme je suis souvent déçue par les grands succès littéraires. Pourtant ce roman de Madeline Miller avait tout pour me plaire : un personnage féminin, de la mythologie, des références à l’Odyssée. Bref, j’étais impatiente de lire ce roman.

Circé, fille d’Hélios et de l’Océanide Perséis, est l’aînée d’une fratrie terrible comptant Persés, Eétès (père de Médée) et Pasiphaé. Elle n’est pas particulièrement appréciée de sa famille et ne trouve pas sa place dans le palais de son père. Elle cherche du réconfort auprès d’un mortel Glaucos. Et à partir de là les ennuis commencent. Elle finit exilée par les dieux sur l’île d’Aeaea car elle est devenue une sorcière dangereuse. Prisonnière de son île, elle voit passer les dieux, les héros et prend part à sa façon aux grandes épopées.

Je vous avais bien dit que le résumé comprenait tous les ingrédients d’un coup de coeur pour moi. Mais c’était sans compter l’écriture et les choix narratifs de l’autrice.

La première chose qui m’a frappée lors des premières pages ce fut la platitude du récit. Lors des premiers chapitres, Circé s’ennuie. Et le lecteur aussi. Elle erre dans les couloirs et souligne qu’elle ne se sent pas à sa place. En ne faisant ni le choix de la fantasy d’action, ni celui de la poésie, Madeline Miller garde un style plat et peu accrocheur.

Le roman enchaîne ensuite tous les mythes qui sont liés de près ou de loin à Médée. C’est donc un long récit mythologique sans réelle envergure. Il est possible que cela soit voulu par l’autrice pour faire ressentir la mélancolie et l’ennui qu’elle prête à son personnage. Évidemment la puissance de Circé est amoindrie par ses doutes, ses peurs et sa constante quête de reconnaissance.

Le parti pris le plus clair dans ce roman est celui d’un traitement du personnage de Circé comme une mortelle. Son intérêt pour eux, le rejet de sa famille la rapproche clairement d’eux. C’est un axe d’interprétation qui tient le coup mais auquel j’adhère peu. Je préfère la Circé puissante, défiant les hommes et les dominant, beaucoup moins soumise qu’une Calypso par exemple. Pourtant après lecture, j’ai l’impression que Madeline Miller a voulu faire de Circé l’incarnation du féminin, celle qui passe par la découverte de l’amour, de la jalousie, la maternité et la vieillesse dans l’amour. Mais bien plus que cela, elle en a fait un personnage en quête de reconnaissance, surtout auprès des hommes : Hélios,le père ; Ulysse, l’amant ; Télégonos, le fils ou encore Télémaque. Et c’est cet aspect particulièrement qui m’a agacée. Circé méritait mieux. J’attendais mieux.

Je développe mon propos dans un épisode de podcast :


Madeline Miller, Circé, 2018

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